Centre Culturel Una Volta

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CAMMINI

31 mars 2022 6 avril 2022

Exposition Collective
10H-20H
UNA VOLTA — ESPACE MOSTRA
Entrée gratuite


BD à BASTIA

 

Par ces temps d’immobilité forcée, BD à Bastia propose de frayer des chemins avec des auteurs qui ont, à un moment précis, pris la route. Prendre la route ne signifie pas forcément se fixer un but, du moins ce but peut revêtir la forme d’un alibi, d’un leurre qui force au mouvement.  Loin de l’image d’Épinal de la Route 66 et d’une Cadillac pour unique moyen de locomotion, les surfaces à parcourir et les moyens de se déplacer empruntent bien des formes : ils sont les ressorts de multiples introspections et de rapports au monde à partir desquels nous pourrons nous questionner, nous projeter.

Ces road-trips portent la plupart du temps une relation en duo, jouant de perceptions complémentaires et de relations parfois tiraillées. Deux cousins traversent les ex-républiques socialistes des Balkans jusqu’à la Turquie dans une vieille Visa décrépie qu’ils ont pris soin de remplir de classiques de la littérature. Avec Visa Transit (Gallimard BD), Nicolas de Crécy convoque un récit de jeunesse fondateur, une mémoire des sens et des affects qu’il relie à certains épisodes de sa vie d’adulte.
Le duo que forme Clémence avec sa grand-mère dans Ne m’oublie pas (Le Lombard) d’Alix Garin, est un duo de réconciliation. Clémence fuit avec sa grand-mère vers la maison de son enfance, lieu de tous les dénouements. Parfois rocambolesque, leur route est celle de leur histoire familiale malmenée.
Autre duo tourmenté, celui de Fabio et Giovanni, les frères du Come Prima (Delcourt) d’Alfred. Leur retour vers l’Italie après la seconde guerre mondiale qui a désuni leur famille prend la forme d’un chemin expiatoire et marque le point d’un nouveau départ.
Fratrie toujours, Nylso nous rend à la légèreté avec My Road Movie (Misma) ou l’histoire d’un séjour de vacances entre frères qui vire au fiasco. Un parcours qui révèle la relation fusionnelle des deux héros.
Avec Trop n’est pas assez (Ça et Là), Ulli Lust nous embarque dans un récit initiatique : en 1984 elle a 17 ans, elle est punk et part traverser l’Italie avec son amie Edi. Les deux jeunes filles vont être confrontées à la violence sexuelle tout au long de leur voyage, violence qui fait l’objet d’une prise de conscience progressive pour l’autrice, comme un écho aux problématiques soulevées par les mouvements #metoo.
Enfin, Le Chanteur perdu (Dupuis), road-trip signé Tronchet, prend la forme d’une véritable enquête à suspens sur les traces de Rémi Bé, chanteur dont seul Jean, bibliothécaire en burn-out, semble se souvenir. Une fois encore, l‘itinéraire parcouru est un jeu de piste qui mène le héros à lui-même.

La scénographie immersive de l’exposition Cammini signée Raphaël Lerays.