Armand Luciani

Exposition photographique

20 juin 2016 au 13 juillet 2016
Le vernissage aura lieu le 20 juin à 18h en présence d’Armand Luciani, de Marie Ferranti, de Frédéric Antonpietri et de Julien Angelini.
Retrouvez Armand Luciani pour une visite guidée de son exposition les 22, 28 juin et 5 juillet de 17h à 20h.

Sélectionnée dans le cadre du concours Paris Photo, l’exposition Phase Shift se déroule comme un reportage photographique issu des voyages et décalages d’Armand Luciani.
Trente tirages en noirs et blancs proposent un vis à vis graphiques entre paysages naturels et urbains, accompagnés de textes de Marie Ferranti et d’une bande originale de Frédéric Antonpietri.

Il semblerait que les salles d’Una Volta retracent aussi un itinéraire métaphorique. D’abord, les images d’Armand Luciani, ces grands paysages, traces de voyages lointains ou proches, mais en tout cas de lieux inconnus. Vous les voyez. Il a souhaité qu’une musique accompagne ces « visions ». Rena bionda, la chanson de Frédéric Antonpietri tourne et varie selon le lieu, puisqu’il comporte deux salles. Cette variation est une forme d’adaptation au style d’Armand mais possède son propre style. Le ton très dylanien m’a encore renvoyée à la magnifique litanie de Désolation row. J’aime décidément les cercles hypnotiques.
Le croisement de la musique et des photographies change notre regard. Ce texte tente d’en être la caisse de résonnances, répondant au vœu de Baudelaire que chaque artiste a fait sien : Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Or, Que voyons-nous ? Et que veut nous montrer Armand Luciani?

Si la définition de la photographie donnée par Roland Barthes est définitive : « La photographie, c’est l’image vivante d’une chose morte », il n’en reste pas moins que les images d’Armand témoignent d’un monde impénétrable : fragments de murs tagués, de ruines modernes, de chantiers, de lumières ambigües…
Cependant, cette mélancolie post-moderne s’approche plutôt de la crudité d’un regard acéré. Les plans sont larges, plus vastes que ce qu’un œil  peut percevoir. Armand nous montre donc ce que notre regard ne peut jamais embrasser d’un seul coup.
Les scènes sont puisées au hasard de voyages – mais les destinations sont soigneusement choisies – et, pour être captés, les paysages urbains doivent se conformer à l’univers d’Armand.